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La fresque du Travail au parc du Moulin

La Fresque du Parc du Moulin, un haut relief appelé à l’origine « Frise Du Travail » , qui trône sur l’arrière scènes du théâtre de verdure du parc du moulin de Breuillet, est dédiée aux artisans anonymes qui ont contribué à la réalisation de l’Exposition Universelle de Paris, inaugurée le 14 avril 1900.

D’où vient –elle ?


Ce monument de 8 mètres de long et 2 mètres de haut réalisé en céramique, était un élément de décoration de la porte d’entrée principal de l’exposition.



 

Cette porte de forme ovoïde de 40 mètres de haut, percée de trois arches gigantesque par ou entraient les visiteurs, fut appelée « Porte Monumentale ». Elle avis été conçue en 1898 par l’architecte René Binet. La réalisation de la fresque est l’œuvre de deux artistes, Anatole Guillot, le sculpteur, et Émile Müller, le céramiste. L’un sculpte les figures dans l’argile, l’autre les cuit dans les fours de son usine « la Grande Tuilerie d’Ivry » (Ivry-sur-Seine). Après la fermeture de l’exposition, le 12 novembre 1900, on démolit les installations. Quelques monuments échappent a la pioche du démolisseur Émile Müller récupère la fresque et l’entrepose dans son usine, où on l’oublie pendant 60 ans !

 

Comment la fresque arrive à Breuillet…

Camille Bériot, successeur d’Émile Müller, crée en 1922 une briqueterie à Breuillet. La région est riche en gisement d’argile propre à la fabrication des briques réfractaires. Petit à petit l’usine d’Ivry arrête sa production. Par la suite ,M. Bériot achète à la famille Hutteau le dernier meunier de Breuillet, le moulin. Pendant de nombreuses années les vastes locaux du moulin servent de remise. Puis on y crée quelques logements de fonction pour les cadres de la société Müller. Le terrain attenant au moulin est aménage en parc, décoré avec de belles sculptures en céramique de la collection Émile Müller.



Dans les années 50, une partie du parc est ouverte aux salariés de la société, puis progressivement à tous les Breuilletois. On n’y organise des fêtes ou se produisent entre autres, le groupe folklorique des Portugais de Breuillet et les Kermesses…

A la fin des années 50 - début 60, Roger Moessner, alors directeur de l’usine fais aménager dans la partie publique du parc des jeux pour enfants (sablière, tourniquet, toboggan, piste circulaire pour patins à roulettes) et, pour les plus grands, un terrain de boules et un stand de tir à la carabine. Il conçoit la construction d’un théâtre de plein air.
On se souvient alors qu’il existe dans un hangar de l’usine désaffectée d’Ivry des pièces de sculpture en céramique qui pourraient décorer ce théâtre. On retrouve effectivement les éléments de la fresque, on les assemble sur un muret en béton qui constitue le fond de scène, et voila la « Frise du Travail » ressuscitée !

C’était au début des années 60, on ignorait alors sa valeur historique. Le gardien de l’ensemble de la propriété meurt en 1975, et en l’absence de remplaçant, on ferme le parc. Il est abandonné aux ronces et à la végétions folle.

 

Deuxième sauvetage

Tout se détériore, la clôture tombe. Des individus sans scrupules pénètrent dans le parc, massacrent les sculptures et mutilent la fresque, mais le pire reste à venir.

En 1993, on apprend qu’un projet prévoyant une déviation de la D19 pour éviter Breuillet et passant à travers le parc, livrerait la fresque aux marteaux-piqueurs. Heureusement, le projet est annulé, suite à l’action résolue de certains, et une procédure de classement est engagée. En mars 1999, la Direction de la Conservation des Antiquités et Objets d’Art de l’Essonne inscrit la fresque à l’inventaire supplémentaire, ce qui lui accorde une protection et lui confère une reconnaissance officielle. Après restauration est mise en valeur dans un cadre accueillant, le classement national est envisageable.

Le bonheur d’avoir dans notre commune un monument d’intérêt national ne serait pas complet s’il était resté dans un domaine privé. La propriété est à vendre, la commune va l’acquérir en 1998 c’est maintenant notre bien collectif.

Ce n’est pas par hasard si cette fresque, qui a traversé le 20eme siècle et faillit disparaitre par deux fois, est parvenue jusqu'à nous. Prenons-en grand soin en mémoire de ceux qui l’ont créée, de ceux qui l’ont sauvée et sortie de l’oubli, et respectons-la pour ce qu’elle représente: l’hommage de l’architecte au travailleurs qui ont réalisé son projet.

 

Article de Daniel Gorce extrait du Breuillet Infos spécial « Breuillet, un jour, une fresque ».

 
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